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Le Monde du 24/06/10 - Extrait du "Chat" avec Jean-Marie Bockel, modéré par Eric Nunès et Samuel Laurent

vendredi 25 juin 2010

Max : N’avez-vous pas laissé tomber les Mulhousiens en remettant les clefs de la ville au Dr. Jean Rottner (UMP) ?

Jean-Marie Bockel  : Il ne faut pas faire semblant de découvrir aujourd’hui que ma réélection en 2008 s’était faite dans le cadre d’une coalition entre la Gauche moderne, l’UMP et les centristes. Le Parti socialiste m’avait beaucoup attaqué là-dessus et sur ma présence au gouvernement à l’époque. En passant le témoin à mon premier adjoint, ce n’est pas l’UMP que j’ai choisie, mais la personne la mieux à même d’exercer cette responsabilité et, à travers le saut générationnel auquel je procède, de préparer l’avenir.

Je n’abandonne pas mes concitoyens, puisque je conserve la présidence de la grande agglomération, que je suis enfin parvenu à finaliser après vingt ans d’efforts.

......

Benoit : Vous présenterez-vous à la présidentielle de 2012 ?

Jean-Marie Bockel  : La Gauche moderne, formation politique à l’aile gauche de la majorité, que je préside, n’a pas vocation aujourd’hui à présenter un candidat à l’élection présidentielle. J’ignore si nous allons vers une primaire au sein de la majorité et quel choix nous ferions dans cette hypothèse.

Je n’ai donc pas vocation aujourd’hui à me présenter à cette élection.

Arthur : Que pensez-vous des projets de candidature de Hervé Morin (Nouveau Centre) pour la présidentielle ?

Jean-Marie Bockel  : Je peux comprendre l’intérêt d’une candidature qui permettrait, en recueillant des voix allant du centre droit au centre gauche, d’élargir au premier tour les assises de la majorité. Qui est le mieux à même d’incarner, le cas échéant, cette stratégie ? Hervé Morin est-il en capacité de recueillir des voix au-delà de la droite ? M. Borloo n’aurait-il pas davantage ce profil ? Le critère de succès d’une primaire au sein de la majorité, c’est d’élargir la majorité et non pas de mettre le président de la République, s’il se représente, en difficulté alors qu’il doit être nettement en tête au premier tour pour avoir toutes les chances de l’emporter au deuxième.

Guest : Croyez-vous, comme il le croit lui-même fortement, que François Bayrou rassemblera les votes du centre droit au centre gauche en 2012 ?

Jean-Marie Bockel  : On ne peut pas nier le score de François Bayrou en 2007. J’ignore aujourd’hui s’il est encore en capacité de faire un score important au premier tour de l’élection présidentielle. Cela dépendra bien sûr de lui et de son positionnement politique, mais cela dépendra aussi de la capacité du ou des candidats de la majorité de convaincre dès le premier tour cet électorat, et aussi de la capacité ou non du candidat socialiste de rassembler au-delà de son camp traditionnel.

La Gauche moderne entend, par son engagement dans la préparation de 2012, contribuer à convaincre des électeurs déçus de la gauche et du Parti socialiste, et des électeurs du centre gauche, de soutenir dès le premier tour le candidat de la majorité dans l’esprit de la réforme juste.