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Le Parisien - Bockel : Quoiqu’il arrive je soutiendrai Nicolas Sarkoz

Questions posées par Olivier Beaumont

mardi 6 juillet 2010

Alain Joyandet et Christian Blanc ont annoncé qu’ils démissionnaient. Une bonne chose pour le gouvernement ?

JEAN-MARIE BOCKEL. Le président de la République et le Premier ministre ont eu raison de clarifier une situation qui devenait intenable pour tout le monde. A commencer par les intéressés, qui, par cette démission, ont agi avec dignité.

Il y aura également un remaniement en octobre. Est-ce que vous vous sentez visé ?

C’est pareil à chaque fois. Il y a des noms qui circulent et on s’aperçoit, au final, que les choses ne se sont pas passées comme elles étaient écrites. Personnellement, je ne me sens pas dans le collimateur.

Et Eric Woerth peut-il se sentir menacé ?

Avant d’entrer au gouvernement, je ne le connaissais pas. Aujourd’hui, c’est peut-être celui que j’apprécie le plus parmi les membres de l’UMP. Je n’ai aucun doute sur son intégrité. Dans la tempête, il faut tenir bon et être solidaire. Moi, j’ai connu la période Strauss-Kahn (NDLR : en 1999, à l’époque ministre de l’Economie du gouvernement Jospin, DSK avait dû démissionner après une succession de révélations dans des affaires, notamment celles la Mnef et de la cassette Méry). Et j’ai vu comment certains, dans son propre camp, avaient pris leur distance. Ça m’avait beaucoup choqué et déplu.

Vous incarnez la politique d’ouverture, mais êtes-vous encore indispensable ?

L’ouverture a changé. Maintenant, nous sommes dans la mère des batailles : celle de la présidentielle de 2012. Nicolas Sarkozy, pour la poursuite de ses réformes, va avoir besoin d’un marqueur social ancré à gauche. Aujourd’hui, encore beaucoup de gens ne se reconnaissent plus dans le Parti socialiste. Et pour un certain nombre d’électeurs de gauche et de centre gauche, j’incarne avec la Gauche moderne cette sensibilité au sein du gouvernement. C’est ça mon pari.

Vous semblez dur avec vos anciens camarades...

J’ai vraiment honte pour eux. Ils se complaisent dans le populisme et ne sont pas porteurs d’un projet. Ils n’ont pas réussi leur mue. Le PS n’existe plus que dans la critique systématique, voire ad hominem.

Donc, même si vous quittez le gouvernement, vous continuerez de soutenir Nicolas Sarkozy ?

Oui, car il est l’homme de la situation. Il n’y aura pas de retour en arrière. Quoi qu’il arrive, je le soutiendrai.

Vous avez pourtant parfois du mal à exister au sein du gouvernement...

Tout le monde le sait : le fait d’être un secrétaire d’Etat sans périmètre précis, c’est une difficulté. Mais je ne me sens pas du tout comme le Petit Chose et encore moins dans la paranoïa ou comme quelqu’un de persécuté. Moi je fais le job, et sans état d’âme !

Comment ?

Notamment dans le suivi de la mise en œuvre de la carte judiciaire, une des réformes majeures de la précédente période. Et puis, j’ai engagé des dossiers en lien avec ma sensibilité politique, comme la création des prisons sans barreaux ou encore la prévention de la délinquance des mineurs.